Un pont à Tadoussac, flexibilité et concurrence s’imposent

Voici donc quelques images présentant le choix entre les deux tracés proposés pour le pont de Tadoussac, ainsi que les options et les coûts afférents.

vue aerienne de l'embouchure de la riviere Saguenay
  • En rouge, le tracé au plus étroit proposé dès 1979 par les ingénieurs de la firme LGL (Étude 1979A).
  • En bleu, le tracé à côté des traversiers promu par le Ministère des Transports et de la Mobilité Durable.

On doit d’abord souligner que la décision de mettre le pont à côté des traversiers est basée sur l’étude contradictoire interne de l’urbaniste Mme Lévesque commandée par le Ministère des Transports en 1979 à l’insu du Ministre de l’époque, M. Lucien Lessard. Celui-ci avait commandé une étude à la firme d’ingénieurs LGL qui recommandait le site de la Boule parce qu’il était plus étroit, donc moins onéreux (étude 1979A). Dans l’étude de l’urbaniste Mme Levesque (étude 1979B), une erreur de mesure de la largeur de la rivière près des traversiers laissait croire que la portée libre requise près des traversiers était de 1,200 mètres alors qu’en réalité la largeur mesure 1,300 mètres sur les cartes topographiques officielles, ce qui se traduit selon les études de 1999 par 1420 m de portée libre et 1760m de longueur totale et de l’étude 2009 par 1,350 mètres de portée libre et 2010 m de longueur totale avec segments latéraux. Donc, au ministère, Mme Lévesque a utilisé une carte non à l’échelle plutôt qu’une carte normale, ce qui a faussé le choix du tracé optimal proposé par les ingénieurs de LGL.


Pour le pont proposé en 2009, la portée libre a été évaluée à 1 350 m. De tels ponts ailleurs ont été construits pour une fraction du prix proposé dans l’étude cachée de 2025. Les exigences réglementaires excessives du Ministère des Transports et de la Mobilité Durable sont en grande partie à l’origine de cette hausse des coûts au fil des ans. Un projet de pont dans la topographie montagneuse aux abords du Saguenay ne peut pas être considéré avec les mêmes paramètres que ceux des grands centres urbains de la plaine du Saint-Laurent. La flexibilité de la bureaucratie et l’ingéniosité des experts doivent s’harmoniser pour proposer un projet offrant le meilleur rapport qualité-prix.

Il ne faut pas être naïf et sans généraliser , il faut être conscient que les architectes des choix au gouvernement peuvent avoir des intérêts corporatifs très différents des intérêts supérieurs de la nation ou des intérêts des citoyens . Les auteurs du livre Nudge, M. Richard H. Thaler, un récipiendaire du Prix Nobel en économie et M. Cass R. Sunstein gagnant du prix Holberg , des collègues du Président Obama à l’Université de Chicago, expliquent bien cet enjeu (p.312-313 de l’édition finale de Nudge). Et la région Côte-Nord, sans université ou universitaires indépendants au service de sa population , reste un terrain particulièrement fertile pour influencer la population vers les intérêts de la bureaucratie ou de la métropole plutôt que ceux des citoyens.

Cette réalité soulève plusieurs questions, comme le soulignait le professeur P. Barla de l’Université Laval dans son livre récemment publié sur l’analyse avantages-coûts.

Par exemple, les ingénieurs, constructeurs, bureaucrates, entreprises de soutien à la traverse (60 M$ par an) et autres acteurs de la Commission Charbonneau ont-ils intérêt à proposer un projet le plus dispendieux possible sachant qu’ils obtiennent des retombées plus importantes avec un projet de 4 milliards qu’avec un de 600 millions ? Sachant aussi qu’ils opéreront dans un environnement isolé du reste du monde, protégé par de solides barrières à la concurrence?

Cette possibilité et le fait que l’étude actuelle reste cachée nous amène, comme citoyen, à présenter des choix que les “architectes des choix gouvernementaux” pourraient considérer nonobstant les intérêts corporatifs et particuliers.


Voici donc quelques exemples de ponts similaires à celui requis à Tadoussac qui ont été construits en Europe ou en Chine, avec des portées libres de 1 150 m comme au site de La Boule, et de 1 400 m comme au site près des traversiers. Si l’étude 2025 est rendue publique , il faudra voir rapidement comment les coûts peuvent être réduits dans un contexte de concurrence internationale. En avril 2025, le Premier Ministre et la Ministre des Transports ont reconnu que les coûts du projet présenté peuvent être abaissés sensiblement. En effet, nous arrivons à la même conclusion. Dans un contexte de concurrence internationale réelle et avec des paramètres de base adaptés à la topographie du lieu et aux besoins des utilisateurs de la route, un pont peut être construit à des coûts similaires à ceux de ponts de même gabarit en Europe ou ailleurs. Il n’est pas compréhensible qu’on propose un projet incluant des routes d’approche à 370 M$ dans l’étude d’opportunité de 1999, puis à 809 M$ en 2009 et finalement à 4 200 M$ en 2025. Cette explosion des coûts est complètement disproportionnée par rapport à l’inflation et ne reflète pas les coûts de ponts similaires dans un environnement concurrentiel ailleurs dans le monde.

Pont Huajiang en Chine

1- Pont Huajiang en Chine, à portée libre de 1 420 mètres, avec une largeur utile du tablier de 21 mètres, la même que celle proposée pour le pont Tadoussac sur le tracé près des traversiers, avec 4 voies routières au lieu de 2 comme à Tadoussac. Il y a deux accotements mais aucune piste cyclable. Prix d’environ 400 M$C selon le taux de change du RMB/$C.

Hålogaland

2- Image du pont Hålogaland en Norvège, avec une portée libre de 1 150 mètres, comme requis sur le tracé de La Boule, ayant une largeur utile du tablier de 14 mètres, avec une piste cyclable côté amont et deux voies routières totalisant 9,5 mètres (au pont de Québec, la largeur du tablier de roulement est de 9 mètres pour trois voies de circulation, et au pont Laviolette à Trois-Rivières, le tablier de roulement a une largeur de 16 mètres pour 4 voies routières). Prix du pont Hålogaland : environ 350 M$C (2025), selon le taux de change NOK/$C.


3- Tableaux et analyses des niveaux de sécurité aux deux endroits, où l’on constate que les normes exigées au Québec sont excessives pour les exigences d’accotement sur de grands ponts, de tels accotements n’existent pas encore à ce jour sur de grands ponts dans la province. Les autres ponts construits sur le Saint-Laurent au Québec n’ont pas d’accotements et encore moins de pistes cyclables doubles. Rappelons qu’en Norvège , malgré la moindre largeur des ponts et des routes, le niveau d’accidents mortels sur les routes est de 1,5 à 1,8 décès/100 000 habitants, alors qu’au Québec il est de 4,3 décès/100 000 habitants; la largeur de la route ou des ponts n’est donc pas en cause pour assurer la sécurité routière; elle est en cause cependant si on souhaite un meilleur usage des fonds publics.


Parlons coûts, 


A) Longueur de la portée libre

Avec un pont suspendu, la règle du pouce de l’ingénierie des ponts indique que le rapport des coûts d’un pont est égal au carré de la portée libre, comme l’attestait le rapport de 2016 de la firme d’ingénierie COWI, experte en ce domaine. Donc, si on évalue la portée près des traversiers par rapport à la portée au site plus étroit de La Boule, on obtient le ratio suivant : (1,15 au carré = 1,32 et 1,40 au carré = 1,96, donc 1,96/1,32 = 1,485, disons 1,5). Soit donc une augmentation des coûts du pont d’environ 50% pour ce facteur de portée libre. Bref : si on considère seulement la longueur de la portée libre selon les deux tracés proposés, en supposant que le pont à La Boule coûte 1 milliard de dollars, celui près des traversiers coûterait 50% de plus, soit 1,5 milliard de dollars.

B) Hauteur du tablier du pont

La hauteur du pont sur l’eau, passant de 70 mètres à 110 mètres, ajoute un autre 20 % au coût total, entre autres en raison de l’augmentation des coûts liés au béton et à l’acier additionnels au bas des tours, pour les rehausser de 40 mètres sur le tracé, près des traversiers. Une recommandation explicite des ingénieurs experts en ponts suspendus de la firme COWI International a été formulée dans l’étude d’Opportunité de 1999, qui a recommandé d’abaisser la hauteur au-dessus de l’eau du pont au niveau international de 70 à 75 m, plutôt que la hauteur de 88 m proposée dans l’étude, afin de réduire sensiblement le coût du pont. On présente probablement 110 mètres dans l’étude non publiée, alors qu’en 2009 on présentait 112 à 140 mètres sur l’eau, ce qui , en contredisant les experts, a fait augmenter les coûts plutôt que de les réduire.


C) Largeur du tablier

En passant d’une largeur européenne à la largeur souhaitée par le Ministère, soit de 14 à 21 m, on augmente le coût du pont d’un autre 50%. Cette largeur est-elle vraiment nécessaire, sachant qu’en moyenne, moins de 2 vélos par jour utilisent les traversiers à Tadoussac selon les statistiques de la Société des Traversiers ? Ci-haut, le tablier du futur pont en construction sur l’île d’Orléans s’apparenterait au projet de pont proposé dans l’étude 2025, cachée. Actuellement, le pont de l’île a une chaussée routière de 6,2 m sans accotements, avec 2 trottoirs de 1,5 m, pour un total utile de 9,2 m de largeur. Le nouveau pont de Tadoussac sera-t-il élargi à 21 mètres comme le nouveau pont de l’île d’Orléans? Est-ce le reflet d’un effort de rationalisation de l’usage des fonds publics ou une dépense superflue de plusieurs centaines de millions de $ pour faire circuler les vélos à l’extérieur de l’accotement habituellement utilisé? Il faut rappeler que, dans la dernière étude connue (2009), le Consortium proposait un service de navette pour vélos, motoneiges ou autres véhicules, à un coût très raisonnable. Ci-dessous, tableau en coupe transversale du tablier du nouveau pont de l’île d’Orléans. Un modèle coûteux que le Ministère a pu proposer dans l’étude cachée, considérant les coûts avancés par la Ministre.


D) Variation du coût du pont selon le tracé retenu

La différence de prix du pont selon le tracé retenu. Donc, en multipliant les facteurs d’augmentation des coûts (longueur × largeur × hauteur), on obtient 1,5 × 1,5 × 1,2 = 2,7, ce qui signifie qu’un pont près des traversiers coûterait presque trois fois plus cher qu’à la Boule.
Ceci concorde avec les chiffres annoncés de 500 à 600 M$ à la Boule, contre 1,5 G$ au tracé près des traversiers, selon le chiffre présenté publiquement par le préfet de Manicouagan lors d’une entrevue avec Benoît Dutrizac en avril 2026. (En fait, le coût réel du pont n’est pas connu ; quelques semaines après cette première entrevue, le préfet, dans une entrevue avec Dutrizac, évoquait un coût de 2,5 à 3 milliards de $.)


Ces coûts n’Incluent pas les coûts du tunnel de 600 mètres à la Boule ni le grand viaduc d’un kilomètre, à 100 mètres au-dessus du lac de l’Anse à l’eau, à Tadoussac (tous deux évalués au même coût à des fins de discussion).


E) Les routes d’accès aux deux tracés.

Selon la dernière étude connue de 2009, il y a 10 km de nouvelles routes à construire pour accéder au tracé près des traversiers et 22 km de routes pour se rendre à la Boule de part et d’autre du Saguenay, excluant les coûts de structures majeures cités ci-haut.

Côté Tadoussac, le point de convergence de la nouvelle route proposée avec la RN 138 existante est à 3 km à l’est de Tadoussac selon l’étude de 2009, laissant les 3 derniers kilomètres conformes pour se rendre à la RN 172 (Total :6 km du village à l’intersection de la route 172). 


Il y a 16 kilomètres entre le pont de la rivière aux Canards à Baie-Saint-Catherine et la jonction de la RN138 avec la RN172, selon les bornes du ministère affichées sur les images, et 24 kilomètres en passant par la Boule. Les 8 km additionnels auront peu de signification transformés en temps, puisque le parcours à 90 km/h remplacera le parcours dans les 2 villages à 50 et 70 km/h et augmentera la sécurité routière en contournant les villages comme c’est la politique du ministère (voir entre autres les contournements de Ste-Anne-de-Portneuf et de Longue-Rive).


Bref, la construction de la nouvelle route de 12 km pour se rendre à la Boule ne coûtera pas un milliard de dollars et le détour de 8 kilomètres par la Boule pour se rendre à Baie-Comeau sur la RN138 n’est pas significatif à 90 km/h. Le Ministère peut aussi phaser le projet, comme il l’a proposé dans l’étude de 2009, et passer le segment routier nord à La Boule par le rang St-Georges, avec une sortie directement vers la route 172, au lieu-dit «Le trou», ce qui limiterait considérablement le coût de la nouvelle route en rive nord, en passant sur un terrain plutôt plat.

Ce tracé alternatif de 4 km supplémentaire serait la première phase du projet de pont à La Boule, et une deuxième phase de construction routière permettrait ensuite de construire la route d’approche côté nord, en diagonale entre la sortie nord du pont et un lieu un peu à l’ouest de la jonction de la 172 avec la 138. Un segment à construire sur un terrain nettement plus accidenté.


Alors le Ministère MTMDQ peut faire des choix moins onéreux en phasant et/ou en proposant un pont moins massif au lieu le plus étroit. S’il choisit le projet, beaucoup plus dispendieux, près des traversiers, il faudra aussi mesurer les délais occasionnés par les contestations prévisibles des habitants des villages limitrophes de l’estuaire et des villégiateurs et des organismes touristiques qui devront mesurer les impacts d’un pont massif près des villages.

Il y a un risque élevé que ce choix, près des traversiers, retarde indûment les travaux de construction du pont et accroisse les coûts de réalisation.Les lois 5 au fédéral et au provincial, ainsi que la loi sur les infrastructures et la loi sur la création de Mobilité Infra Québec, sont autant de démarches gouvernementales pour accélérer la réalisation des projets d’infrastructures, entre autres de transport . Toutes ces lois visent aussi à diminuer les coûts , les délais de réalisation et à favoriser un nouveau mode collaboratif entre les intervenants sur les grands projets, ceci, bien sûr, pour autant que le Québec accepte d’intégrer le projet de pont à Tadoussac dans ce cadre qui vise à construire mieux, à meilleur coût et dans de meilleurs délais. À ces coûts épargnés par ces lois et par une saine concurrence dans un environnement bureaucratique et réglementaire allégé s’ajouteront les coûts épargnés par l’arrêt de la traverse. Actuellement autour de 60 M$ annuellement et qui croissent historiquement sur le long terme de 4.9% par année de plus que l’inflation.

L’entretien d’un pont représente une fraction de ces coûts, et le pont, une fois payé, offre un service à coût minime pendant 100 à 150 ans résiduels.

Projet de tracés à coûts plus abordables dans l’estuaire près des traversiers si le Ministère n’optimise pas le tracé de La Boule.

Carte des tracés à évaluer près des traversiers pour réduire les coûts

Voici un exemple d’un projet adapté à la topographie qui réduirait les coûts et les impacts d’une première phase près des traversiers, en évitant un tunnel et un megaviaduc, tout en abaissant la hauteur du tablier à 70 ou 80 mètres, une hauteur plus proche des normes internationales. On y trouve quelques courbes aux limites ou hors norme qui, comme de nombreuses autres courbes et pentes hors norme sur le segment routier St-Siméon-Baie-Ste-Catherine, peuvent être franchies de façon sécuritaire dans un terrain montagneux connu ,quitte à réduire la vitesse dans les courbes comme ça se fait ailleurs sur la route 138. Les effets du syndrome de la traverse sont nettement plus dangereux.

Ligne rouge pleine: Tracé près des traversiers:Côté BSC : Tracé phasé avec des courbes contournant la montagne, permettant d’éviter un tunnel à Baie-Saint-Catherine en phase 1. En phase 2, un tunnel peut être construit avec une route contournant le village. Côté Tadoussac, une courbe à côté de la colline de l’Anse-à-la-Barque permet de réduire de 400 m le viaduc requis pour passer sur l’Anse-à-la-Barque et de diminuer la hauteur du pont sur l’eau (80 m au lieu de 110 m ou plus) et donc son coût. De plus, l’impact visuel est atténué pour les visiteurs et les habitants de Tadoussac, et la proximité de la rue des Forgerons pourrait permettre un raccordement direct avec le village lors de la deuxième phase.

Ligne bleue: Tracé en ligne droite proposé dans l’étude de 2009 par le Consortium SNC-Lavalin/Genivar. Probablement semblable au projet présenté dans l’étude cachée. Idéal si le terrain est plat, mais à un prix trop élevé en montagne. C’est, entre autres, ici que la flexibilité réglementaire s’impose pour permettre d’obtenir un projet plus abordable et réalisable en phases, comme proposé dans l’étude de 2009.

On peut voir en bas à droite la route 138 actuelle et un peu plus haut, une proposition qui permettrait d’atténuer la pente de la côte de Tadoussac. Si le gouvernement ne souhaitait pas établir la fluidité et la sécurité routière et épargner les fonds publics par un pont , il devrait régulariser la côte de Tadoussac en diminuant la pente de 10-11% à 5-6% par le tracé un peu plus haut que la route 138 sur la carte.De plus il devrait investir quelques centaines de millions de dollars pour construire les aires d’attentes de 400 véhicules demandées par La Société des Traversiers de part et d’autre de la rivière. Le seul projet d’aire d’attente côté Tadoussac était évalué entre 50 et 100 M$ en janvier 2020. Côté Baie-Saint-Catherine, dans des montagnes de granit, les coûts de dynamitage et de construction seraient probablement beaucoup plus élevés.

Si le Ministère insiste pour le tracé à proximité des villages, voici un exemple d’un projet plus flexible qui réduirait les coûts et les impacts d’une première phase près des traversiers, en évitant un tunnel et un megaviaduc, tout en abaissant la hauteur du tablier à 70 ou 80 mètres, une hauteur plus proche des normes internationales, ce qui réduirait aussi le coût du projet. On y trouve quelques courbes aux limites ou hors norme qui, comme de nombreuses autres courbes et pentes hors norme sur le segment routier St-Siméon-Baie-Ste-Catherine, peuvent être franchies de façon sécuritaire dans un terrain montagneux connu. Les effets du syndrome de la traverse sont nettement plus dangereux.

Le projet du pont devrait être optimisé rapidement si l’étude de 2025, actuellement cachée, est publiée. L’avenir des transports sur la Côte-Nord et dans Charlevoix dépend d’un usage flexible des réglementations sur un territoire montagneux hors norme et d’un environnement concurrentiel. Si l’on souhaite optimiser l’usage des fonds publics en offrant le meilleur projet au meilleur prix, tout en minimisant les risques d’exécution et les délais il est temps de sortir le projet de la voie d’évitement et de le mettre sur la voie rapide. C’est dans l’intérêt du Québec de déboucher vers la province voisine l’une de ses régions les plus enrichissantes par une route 138 achevée à ses deux extrémités. Pour ce faire, il faut ouvrir le dialogue en publiant l’étude 2025.

Projet technique préparé par M. Pierre Brisset, architecte retraité.

*N.B.: Lorsque nous évoquons les biais et erreurs passés au Ministère des Transports , il est capital de souligner la collaboration et la bonne volonté de la grande majorité des intervenants qui ont participé aux études . La difficulté peut provenir des messages politiques et de la haute fonction publique qui, l’un et l’autre, peuvent orienter les “architectes des choix” avant même que les études soient lancées.

logo coalition union 138

Une entrevue parlante…

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Depuis 1909, les demandes se sont répétées auprès du gouvernement québécois pour la construction d’un pont à l’embouchure de la rivière Saguenay à Tadoussac .
117 ans de démarches répétées des nord-côtiers, sans autre réponse que de nouvelles études dont le contenu est particulièrement discutable au vu de ponts semblables construits ailleurs.
Cette entrevue de Guillaume Tremblay, porte-parole de la Coalition Union 138 et préfet de la MRC Manicouagan, avec Benoît Dutrizac est particulièrement bien informé et M. Tremblay apporte une lumière juste sur les enjeux. Il faut saluer cette opportunité exceptionnelle offerte par M. Dutrizac de mettre sur la place publique montréalaise cet enjeu déterminant pour l’avenir de la région de la Côte-Nord.

Pourquoi la construction des 2 mega-traversiers?

Pourquoi la Société des Traversiers (STQ) a décidé de construire deux plus grands traversiers à Tadoussac pour remplacer les trois actuels sans analyse préalable? 

 

 

Au cours des derniers 18 ans de travaux, à la Société du Pont sur le Saguenay à Tadoussac (SPST) nous n’avons eu qu’une seule occasion d’échanger avec les représentants de la Société des Traversiers pour comprendre comment ils justifient leur décision de construire ces gros bateaux et d’où vient l’urgence. C’était lors de la Commission du BAPE sur la construction d’un duc d’Albe au quai garage de Tadoussac que nous avons demandé avec d’autres organismes et citoyens du milieu. Celle-ci s’est tenue les 8 et 9 novembre 2016 et les 6 et 7 décembre 2016 à Tadoussac , soit 7 ans après la prise de décision précipitée de 2009.

*Comme une vaste documentation accompagne ces audiences et que nous disposons d’une transcription des échanges nous nous y référerons pour vous présenter une version simplifiée des discussions.  

 

Premier constat : La décision « Vient d’en haut » : Pas de justification  

La justification de La Société des Traversiers est venue a postériori, puisqu’eux comme au Ministère des Transports (MTQ), nous avons appris lors des audiences qu’aucune étude, aucune analyse préalable, aucune consultation des utilisateurs ou du milieu n’a été réalisée avant cette prise de décision.Ces audiences sont l'unique opportunité, 7 ans après la prise de décision, que les citoyens, les élus et les groupes concernés, ont eu pour s'exprimer sur cette décision de changer les traversiers avant la fin de leur vie utile. Ces informations ont été obtenues grâce à l’ouverture du président de la Commission qui a quand même été obligé de nous interrompre à plusieurs reprises pour nous rappeler que nous étions là pour parler de construire un poteau d’amarrage additionnel (Un duc d’Albe) pour sécuriser l’amarrage du nouveau grand navire en repos au quai garage. Aussi, d’aborder le seul sujet des traversiers était en soi hors d’ordre, parler du pont était interdit par le mandat restrictif de la Commission. Voici tout de même ce que nous avons appris lors de ces audiences.  

 

Qui a pris la décision de construire ces bateaux ? 

Le PDG de la STQ nous a alors confirmé que la décision a été prise au Bureau du Premier Ministre, à la demande de celui-ci, lors d’une rencontre entre les deux hommes en mars 2009. Deux représentants de la SPST et le député de René Lévesque ont rencontré  le PDG de La Société des Traversiers, Georges Farrah, après l'annonce de la construction des bateaux.. C’était 3 ans après que la version préliminaire de l’études d’impact sur un pont ait été discutée publiquement. (Re Rencontre du 10 février 2010 au bureau du député Marjolain Dufour au Parlement de Québec où étaient présents M. Jean-Guy Rousseau Président de la SPST, M. Pierre Breton, Vice Président de la SPST, M. Marjolain Dufour, Député de René Lévesque et Georges Farrah, PDG de La Société des Traversiers du Québec) 

 

Sur quelles bases a été prise cette décision, en quoi cette décision améliorera le service? 

Extrait d’une intervention du président de la Commission qui  s'adressait aux ingénieurs-représentants des organismes suivants représentés

1) MTQ Direction territoriale de la Capitale Nationale, 

2) MTQ, Direction territoriale de la Cote Nord, 3) à la STQ : 

3) STQ, Direction générale à Québec

Le président de la Commission du BAPE

« J’ose croire que  ce n’est pas tout d’un coup quelqu’un qui s’est réveillé un matin puis a dit :  "Ça va être deux traversiers plus grands là" ou "Ça va être des traversiers plus grands ". Donc il y a quelqu’un qui a dû faire une analyse quelque part en fonction pont versus statu quo » 

 

Réponse des trois intervenants: : Non , aucune analyse ou autre n'a été réalisée . Rien d’autre que les annonces du Ministre et les allocutions afférentes.  

Alors NON, personne n’a fait d’analyse… (voir les transcriptions des séances du BAPE DT1 page 42 lignes 1612 

Lors des audiences du BAPE, les commissaires pouvaient difficilement croire qu’ont ait pris une décision de cette importance de façon aussi cavalière. Ils ont donc interrogé les représentants de la STQ et du MTQ pour leur demander où étaient les documents justificatifs. L’un et l’autre ont confirmé le lendemain, après recherches, qu’il n’y avait aucun document justificatif autre que le texte de l’annonce du Ministre et le discours prononcé à cette occasion par le PDG de la STQ. 

Réponses du MTQ et de la STQ : (Dt2 p.4 à 6) NON , aucun document, aucune analyse disponible, aucune consultation autre que les consultations a postériori du comité régional d’information de la STQ, sans qu’on connaisse précisément les tenants et aboutissants du projet 

Les arguments de justification  « a postériori »: 

Meilleur service en période de pointe selon la STQ : Vrai ou Faux? 

Concernant l’efficacité de 2 grands traversiers par rapport aux 3 traversiers actuel : voici un Extrait de la transcription officielle de l’audience du BAPE du 8 novembre 2016 (Dossier 334, Document Dt1, p.29 et 30.) 

Question du Président à l’ingénieur Rochette de la STQ : 

LE PRÉSIDENTDonc, vous nous dites, deux plus gros traversiers permettront, à ce moment là, de traverser en pointe plus de monde, c’est ce qu’on doit comprendre? 

L'INGÉNIEUR : Exactement 

LE PRÉSIDENT : Donc c’est pour ça que vous avez justifié…c’est comme ça que vous justifiez des plus gros traversiers? Surtout au niveau de la pointe, par exemple dans la journée, fin d’avant-midi par exemple… 

L'INGÉNIEUR  : Il y a eu… 

LE PRÉSIDENT : … ou estival? 

L'INGÉNIEUR : Oui, bien la réponse que j’ai faite, je ne dirais pas que c’est ce qui a justifié les plus grands traversiers. C’est ce qui explique pourquoi pas de plus petits traversiers avec plus de fréquence. Les grands traversiers viennent d’une offre de service que la STQ voulait offrir. Une plus grande offre de service pour ne pas laisser de personnes sur le quai dans les traversées. 

LE PRÉSIDENT  : C’est ça, donc vous estimez être en mesure de faire une plus grande offre de service en temps… la plupart du temps, avec deux plus gros traversiers? 

L'INGÉNIEUR : Effectivement 

LE PRÉSIDENT  : C’est comme ça qu’on doit comprendre la réponse? 

L'INGÉNIEUR  : Effectivement 

 

Discussion sur cet échange : 

Bien sur de plus gros bateaux qui transportent plus de véhicules semblent confirmer cette affirmation de l’ingénieur mais c’est sans compter la fréquence des départs; un autre élément déterminant. En y regardant de plus près, on constate au contraire, que le service dans les périodes où des véhicules resteront à quai en période estivale sera moindre. En fait, deux traversiers de 110 véhicules empireront la durée et l’importance des engorgements de véhicules laissés à quai dans la période la plus achalandée : l’été. Or il se trouve que ces périodes de pointes pendant lesquelles les traversiers seront moins performants sont précisément celles qui dissuadent les touristes de venir ou revenir dans la région . 

Ces périodes surviennent toute l’année mais très majoritairement pendant la saison de pointe l’été. Saison pendant laquelle actuellement 3 traversiers sont en service (du 1er juin au 3 septembre en 2018): Le Armand Imbeault et le Jos Deschênes ayant chacun 75 emplacements-véhicule et le Félix-Antoine Savard 70 emplacements-véhicule. Les trois bateaux peuvent embarquer en moyenne 73 véhicules.  De jour, l’été, le service à 3 bateaux s’étend sur une période de 8 heures à toutes les 13 minutes, comme l’indique l’horaire officiel de la Société des Traversiers 2018, soit du 1er juin au 3 septembre. 

Donc à chaque heure de la période de pointe, il y a 4.62 départs (60 minutes / 13 minutes= 4.62) avec 73.3 véhicules  à bord en moyenne lorsque des véhicules sont laissés à quai. 

 

Scénario Actuel 

Capacité horaire en période de saturation du service actuel à 3 bateaux aux 13 minutes: 

4.62  départs X 73.3 véh. = 339 véhicules quittent un quai ou l’autre à toutes les heures en période d’affluence. 

 

Scénario Proposé  

 Si les traversiers de 75 places  sont remplacés par 2 bateaux de 110 emplacements véhicules chacun (soit total 220 emplacements véhicules) qui traversent aux 20 minutes, le nombre de véhicules qui quitteront les quais  par heure en période d’affluence sera:

3 départs aux 20 minutes par heure  X 110 véh.= 330 véhicules quitteront un quai ou l’autre à toutes les heures en période d’affluence.  

Donc diminution de 3% de la capacité horaire à traverser les files de véhicules en période de saturation du service .

 

L’argument de l’ingénieur de la STQ  à l’effet qu’il s’agit d’une amélioration de l’offre en période de pointe n’est pas juste. La notion de la STQ de véhicules laissés à quai fausse la problématique. Cette mesure ne tient pas compte de la longueur des files d’attente, du nombre de véhicules dans les files d’attente et du nombre de véhicules qui font demi-tour ou abandonnent un déplacement ou s’imposent un détour de 105 kilomètres via ville de Saguenay. L’effet dissuasif des engorgements n’est pas mesurable mais a un impact certain sur la sécurité routière, la compétitivité de nos industries et la satisfaction des touristes, visiteurs et autres utilisateurs de la route 138 qui se déplacent entre la région et le reste du continent.  

On peut quand même souligner que dans l’Étude d’impact sur la construction du pont de Tadoussac de 2009, on estimait que la seule présence d’un pont augmenterait l’achalandage de 18 à 25%. Ces chiffres peuvent signifier aussi  que les traversiers dissuadent 18 à 25% des utilisateurs potentiels de la route 138 à circuler entre la région Côte-Nord-Labrador et le reste du continent. 

 

Autre argument avancé par la STQ pour justifier les gros traversiers a postériori : 

Nous augmentons notre capacité de traversée en passant de 330 à 440 véhicules à l’heure… 

 

Cet argument n’est pas crédible. Il est basé sur la présomption qu’il y a 4 périodes de 20 minutes dans une heure. Or la réalité, c’est qu’il y en a 3 seulement. Même si après une journée de réflexion, les experts de la STQ sont revenus avec une approche de départ aux 19 minutes pour justifier 4 départs à l’heure, cette option n’est pas plus crédible. 

 

Autre argument de la STQ pour justifier de plus gros traversiers: 

Offrir beaucoup plus d’espace pour traverser sur une période de 24 heures. 

Vrai et faux 

Les gros bateaux et les espaces additionnels rendus disponibles seront essentiellement des espaces vides le soir et la nuit, espaces qui devront tout de même être déplacés avec les coûts afférents en carburant et autres. Donc ces traversiers couteront plus cher à opérer avec une masse accrue de plus de 30% et seront moins aptes à répondre à la demande en période de pointe. En déversant des pelotons accrus de 50% en période de saturation, ils induiront des pelotons de sortie difficilement dissolubles sur une route inadaptée avec accroissement des risques déjà connus sur la sécurité routière dont le Syndrome de la traverse. Ils assureront l’isolement de la région et participeront à une plus faible compétitivité des entreprises nord-côtières sur les marchés internationaux. 

À la lumière de ce cafouillis de 400M$ à ce jour qui dépassera largement le demi-milliard pour adapter la route 138 à ces mastodontes de traversiers, le gouvernement devra sans doute faire le constat que la Société des Traversiers est actuellement un électron libre, qui dépense sans compter les fonds publics sans prendre la précaution élémentaire de faire une analyse, des consultations et une modélisation des effets de sa décision sur les citoyens utilisateurs de la route. Le décision politique se substitue aux décisions de saine gestion , ce qui induit le chaos qu'on connait. Ne serait-il pas plus pertinent de privatiser la Société des Traversiers et de mettre en compétition les entreprises qui souhaitent offrir le service, comme ça se fait ailleurs et même chez nous avec les soumissions sur le service d traverse des Iles de la Madeleine.

Les bénéfices présentés par la Société des Traversiers sont bien minces comparés aux inconvénients précités et à la dépenses de fonds publics qu’ils induisent. Une solution plus avantageuse économiquement, plus sécuritaire et à long terme est connue depuis longtemps : Un pont, maintenant! 

 

 

 

 

 

 

 

Quand les fonctionnaires remplacent les élus

En laissant la charrue (fonctionnaires) passer devant les bœufs (élus), le MTQ s’assure que l’économie du Québec piétine.

Une histoire de cas : Le pont de Tadoussac

Comment la haute fonction publique protège ses emplois avant les intérêts supérieurs du Québec en faussant délibérément l’information transmise aux élus ou en omettant de transmettre des informations vitales ou encore en exigeant l’impossible des faiseurs d’études.

 

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Depuis des décennies les nord-côtiers, sur lesquels s’appuie le Plan Nord, réclament une route achevée pour pouvoir passer d’une économie d’extraction expédition vers une économie diversifiée de transformation et d’échange avec ses régions limitrophes.

L’entrée de la région, à Tadoussac, est limitée par un service de bateaux-passeurs qui, saturés, empêchent, entre autres, une circulation fluide et sécuritaire sur la route 138 et partant, la diversification économique et touristique de la région. La Société des Traversiers du Québec opère à Tadoussac sa plus importante traverse au Québec par le nombre de véhicules traversés. Toute la région Côte-Nord, dont l’accès dépend de la traverse, réclame depuis des décennies un pont sur la rivière Saguenay ». Mais voilà, les employés sur les traversiers sont des fonctionnaires de l’état, et les hauts fonctionnaires responsables de ces employés, comme nous l’avons appris récemment de la sous-ministre en titre, la chef des fonctionnaires du Ministère « n’a pas d’ordres à recevoir du Ministre ». Dans ce contexte, on doit comprendre que les hauts fonctionnaires qui souhaitent protéger les emplois à la traverse de Tadoussac peuvent présenter des informations biaisées impunément malgré une demande des élus de comparer les hand-784077_640véritables coûts d’opération des traversiers par rapport aux coûts d’un pont. C’est précisément ce qui est arrivé. Les hauts fonctionnaires ont fait surévaluer le coût d’un pont par 3 fois et sous-évalué le coût des traversiers par au moins 3 fois. (Voir le tableau comparatif des études dans l’onglet les études). Si les élus sont forcés de prendre des décisions sur la base d’informations faussées, d’omissions majeures, de demandes farfelues des hauts-fonctionnaires, comment peut-on espérer l’exercice d’une saine démocratie dans laquelle les citoyens et leurs représentants, les élus, reçoivent une information juste qui permette une utilisation optimale des fonds publics pour exécuter les projets d'intérêt national.

Voici donc la saga du Pont de Tadoussac mettant en vedette le Ministère des Transports du Québec, sa division territoriale de la Capitale Nationale et sa division territoriale Côte-Nord ainsi que la Société des Traversiers du Québec, elle aussi sous l’autorité du Ministre des Transports.

 

Le début de l'histoire

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Dès 1973, un diplômé de l'Université Harvard, et Docteur en génie civil présente un projet de pont à l'aide de firmes de génie reconnues internationalement en matière de construction de longs pont suspendus conclut qu'il serait plus économique de construire un pont plutôt que de maintenir un service de traversiers 365 jours par année. Déjà cette étude fait état de l'effet dissuasif de la traverse sur la diversification de l'économie de la région . On y évoque clairement que le service de traversier est régulièrement saturé malgré la présence de trois bateaux.  L'étude souligne aussi l'importance d'un route fonctionnelle pour desservir une région riche et enrichissante pour le Québec. Surtout que la Côte Nord n'a pas de lien ferroviaire relié au réseau continental et est à la merci d'un monopole de transport aérien pratiquant aussi des tarifs dissuasifs dans la région. 

La table était mise pour déclencher les mécanismes de protection des emplois des fonctionnaires de la traverse. En 1974 , un ingénieur de Transport Québec tente de mettre en doute les paramètres utilisés par les experts internationaux qui entre autre viennent de superviser la construction du premier long pont suspendu sur le Bosphore, à Istanbul, Turquie.

En 1976, l'ingénieur Monti prépare une analyse avantage-coûts qui démontre qu'il est plus avantageux de construire un pont dans le cadre d'une thèse de maîtrise en économie qu'il prépare.

En 1977, le Ministre des Transports, Lucien Lessard, commande une étude sur le Pont de Tadoussac à la firme d’ingénieurs LGL. En 1978, LGL remet au Ministère une version préliminaire de son étude. On peut y lire que les firmes d’ingénieurs de Montréal et de New York qui ont participé à l’étude concluent que les tracés de pont dans l’estuaire du Saguenay, près des traversiers entre autres, doivent être écartés et que le lieu optimal pour construire le pont est au lieu-dit La Boule, en amont des lignes d’Hydro-Québec.

Dès lors, un haut fonctionnaire commande une étude secrète pour contredire ces conclusions et ce à l’insu du ministre lui-même. On nomme une jeune urbaniste qui sera la première de sa profession embauchée par le MTQ, pour mener cette contre-étude. D’entrée de jeu, l’objectif est clair : maintenir les emplois du MTQ à la traverse en discréditant sévèrement la région Côte-Nord. Comme ce document sera pour usage interne, tout est permis. Outre cette urbaniste, aucun des 4 ou 5 collaborateurs à la rédaction de l’étude ne jugera bon d’y d’indiquer ses qualités professionnelles. On peut y lire contre toute logique;

  1. Que les nord-côtiers n’ont pas besoin d’une route fonctionnelle parce qu’ils sont loin
  2. Qu’ils se déplacent majoritairement en avion et que ce mode de transport sera de plus en plus utilisé dans le futur (En 2016, un billet d’avion aller-retour Baie-Comeau-Québec coûte $1300), donc la route est presque superflue ,
  3. Que le temps d’attente à la traverse est ridiculement insignifiant considérant les 7 heures qu’il faut pour se déplacer de Québec à Baie-Comeau etc.
  4. On omet d’y aborder les atteintes à la sécurité routière ou l’imprévisibilité des temps de déplacement ou encore la fiabilité du service et les périodes de saturation du service et l’effet dissuasif de traversiers sur une route nationale.
  5. On n’hésite pas, même si aucun ingénieur n’est identifié parmi les rédacteurs de l’étude, à contredire les experts de l’étude LGL, des firmes d’ingénierie de New York et de Montréal, (Étude 1979 A) pour décider que même si les experts ont décidé du lieu optimal, le MTQ, à l’interne propose un tracé à proximité des traversiers dessiné grossièrement sur une carte faussée, comme étant le lieu privilégié par le MTQ pour faire un pont. Ce tracé sera celui qui, contre toute attente, sera sélectionné et priorisé 20 ans plus tard par le MTQ dans les études subséquentes de 1999 et 2009. Les conséquence de cette étude secrète dans laquelle il est permis de dire n’importe quoi ou presque, le traçé dessiné grossièrement sur une carte, avec des mesures douteuses qui laissent croire que la portée centrale du pont suspendu serait de 1200 mètres alors que les études subséquentes démontreront que cette distance varie en réalité de 1350 mètres à 1420 mètres. L’objectif étant de laisser croire que si un jour un pont devait être construit, le faire près des traversiers ne serait pas vraiment plus coûteux que de faire ce pont à la Boule où la portée centrale est de 1150 mètres. Si un ingénieur avait utilisé son titre pour présenter une telle étude on constate qu' il aurait eu à expliquer devant l'Ordre des ingénieurs la somme des erreurs de cette étude. En nommant une urbaniste pour faire l'exercice, le MTQ se donnait toute la latitude pour affirmer n'importe quoi sans l'expertise appropriée. 

C’est ainsi qu’on aboutira au projet pharaonique présenté dans l'étude d'impact de 2009 par le consortium SNC-Lavalin/Génivar en 2009, un cul de sac orchestré par les fonctionnaires.

Nous vous reviendrons pour expliquer comment, bien que toute l'information soit déjà disponible sur ce site dans le tableau interactif de l'onglet "études". Rappelons simplement que l'absence de diversification de l'économie nord-côtière aujourd'hui (tourisme, PME 200/100,000 habitants au lieu de 300/100,00 habitants dans les régions avoisinantes Re Etude sur l'industrie du bois de sciage des consultants J.P. Grenon) est directement reliée aux interventions des hauts fonctionnaires du Ministère de Transports pour protéger leurs intérêts au détriment de ceux du Québec. 

golden-gate-1013281_640Souhaitons que pour l’année 2017, une décision soit prise par nos représentants élus pour rétablir la priorité des intérêts nationaux sur les intérêts particuliers en commandant une analyse indépendante, objective et complète sur les coûts réels des traversiers comparativement aux coûts réels d'un pont. Un pont à Tadoussac doit être construit rapidement. Maintenir l'aliénation de l'économie du Québec et participer pour les prochain 45 ans à la disparition des bélugas n'est pas une option, aussi sensible puissions nous être au maintien de quelques dizaines d'emplois à la traverse. 

Le bon sens commande la construction d'un pont maintenant!

Bonne Année 2017 à tous,
Santé et Bonheur pour chacun

L’équipe de La Société du Pont sur le Saguenay à Tadoussac